Les carnets de Sophie


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22/7/2008
Métier dangereux
 
On n’y pense pas assez, mais le rôle de chef de pupitre des cordes peut être dangereux !
Petit rappel : un chef de pupitre est une personne qui a fait un examen très exigeant et qui est de ce fait l’unique responsable de la bonne « marche » de son pupitre (c’est à dire que le chef de pupitre des premiers violons est responsable de l’ensemble des premiers violons, celui des seconds est responsable de l’ensemble des seconds violons, pareil pour les alti, les violoncelles et les contrebasses). Je ne parle là que des cordes…
Il est donc placé devant, à la tête de son pupitre, et sous les yeux du chef. Et c’est bien là qu’est parfois le danger. Car ne nous y trompons pas ! A côté des nombreux avantages que procure ce poste (les honneurs, le salaire mirobolant (bon, je plaisante ;-), les hautes responsabilités, les solos à jouer, et les fleurs qu’on reçoit lorsqu’on a la chance d’être une femme et que le chef d’orchestre se montre galant) il y a aussi les inconvénients : l’ensemble du pupitre qui lui tire dans le dos à la moindre erreur (bon, je re-plaisante ;-); chaque décision prise à propos d’un coup d’archet qui est commentée et soumise à des débats passionnés, les détracteurs menaçant même le chef de pupitre de ne pas suivre sa consigne tant que leur avis n’a pas été entendu !
Mais cela n’est encore rien en comparaison de l’inconvénient suprême : supporter, en répétition et en concert, les averses de transpiration des chefs. Il y a ceux, bien connus, qui transpirent beaucoup et pour un rien. Ceux-là sont craints plus que tout : le visage ruisselant en 5 minutes, ils font voler autour d’eux des pluies de gouttelettes salées dès que le tempo s’accélère.
La médaille du dévouement revient ainsi à notre chef de pupitre des premiers violons (qui occupe la chaise à côté du concert-meister… vous suivez toujours ?). Comme elle est une femme, non seulement elle doit serrer la main toute moite et collante du chef au début et à la fin de chaque concert, mais pire : elle doit subir sans broncher ses accolades… je vous laisse deviner le taux d’humidité du visage d’un chef qui vient de diriger une symphonie de 45 minutes, sous des spots incandescents, et engoncé dans un frac bien épais !

Non, vraiment, elle a du mérite !

Et j’en profite pour vous souhaiter à toutes et à tous d’excellents mois d’étés musicaux !



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