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30/1/2008
Bienvenue à Maria Joao Pires!
Chers lectrices et lecteurs, j’aimerais ici accueillir par un hommage l’une d’entre vous qui me fait, comme vous tous, l’honneur de me lire et d’apprécier ce site. Le simple énoncé de son nom allume en moi une fenêtre toute spéciale dans le panthéon de mes artistes préférés. Car Maria Joao Pires est à mon sens une artiste à part. C’est peut-être même la seule artiste issue du monde dit « de la musique classique » dont le nom circule sur les lèvres de tant de personnes n’ayant rien avoir avec le « Classique ».
Depuis mon adolescence, ce nom est revenu sans cesse à mes oreilles pour des raisons musicales mais aussi pour beaucoup de raisons extra-musicales.
La première fois, ce fut par ma mère. Elle avait regardé une interview de Maria Joao Pires lors d’une émission de fin de soirée sur la RTBF et ce qui s’en était dégagé était tellement fort émotionnellement qu’elle m’en avait parlé comme d’un moment inoubliable. « Quelle femme extraordinaire ! » me disait-elle en parlant de cette humilité et cette générosité qui transpirait d’elle. Il y avait entre autres cette histoire tellement révélatrice de la simplicité de Maria Joao Pires : elle venait parfois en caravane se garer devant la salle de concert pour pouvoir continuer à vivre plus ou moins normalement malgré la vie désorganisée qu’est forcée de mener tout concertiste. Et il n’était pas rare de voir la pianiste faire encore la vaisselle une demi-heure avant de monter sur scène !
Puis ce furent bien sûr les enregistrements (Schubert, Chopin etc.), tous des révélations pour moi.
Puis ce furent des amis qui me disaient ne pas aimer le « Classique » sauf Maria Joao Pires. Parce qu’avec elle, « c’est différent », et puis « elle n’a pas peur d’aborder d’autres genres musicaux »…
Et puis ce fut enfin un récital aux Beaux-Arts de Bruxelles. Un choc ! J’en fus réellement bouleversée pendant des mois ! Je pense que je n’ai jamais vu passer sur un visage autant d’émotions profondes que sur le sien en si peu de temps. J’étais assise dans les oreilles de scène, face à elle. Je ne voyais pas ses mains, rien que son visage. Et pour moi, c’en était presque trop. Trop d’émotions vécues à travers la musique, trop à l’unisson avec les miennes. J’ai cru un instant qu’elle se dévoilait trop, qu’on ne méritait pas un tel cadeau, qu’elle allait trop loin… qu’il fallait que je ferme les yeux, que je parte…
Mais je suis restée. Mozart et Chopin avaient pris possession d’elle et je devais être témoin de ce moment unique, magique et inquiétant à la fois.
Et puis aujourd’hui, 10 ans après ce récital, encore tremblante de me l’être remémoré, j’apprends de source sûre que ce diamant unique rangé dans la pochette de velours de ma mémoire musicale lit les chroniques des Mots ont des Oreilles ! Et s’en amuse souvent !
Alors, chère Maria Joao, permettez-moi, le plus simplement du monde, de vous souhaiter la bienvenue parmi nous !


© 2005 www.lesmotsontdesoreilles.be
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